Apaiser (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle. Dérivé de paix.
1. Ramener progressivement au calme, à la paix, à des sentiments paisibles. Apaiser un fou furieux, un animal en colère. Ces bonnes nouvelles m'ont apaisé. Pron. Le malade s'apaisait peu à peu. Par méton. Il s'endormit, l'esprit apaisé. Présenter un visage apaisé. Le temps apaise les passions.
2. Rendre moins violent, moins vif. Neptune apaisa les flots. Le soleil se couche sur la mer apaisée. Apaiser une querelle. Pron. Les troubles sociaux s'apaisèrent assez vite. Le vent, la tempête s'apaise.
3. Satisfaire, assouvir un besoin, un désir. Apaiser sa faim en mangeant, sa soif en buvant. Apaiser son envie de savoir.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Ramener au calme, à un état paisible. "Apaiser un furieux. Cet enfant ne cesse de crier, apaisez-le." Fig., "Apaiser une sédition. Quand le bruit fut apaisé. La mer s'apaise. Sa douleur, sa colère commence à s'apaiser."
On dit de même "Apaiser sa faim," Satisfaire sa faim. "Ma soif s'est enfin apaisée," Elle s'est enfin assouvie.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Mettre la paix, faire cesser l'émotion, la colère, en parlant des personnes ou des choses personnifiées. Apaiser un père irrité contre son fils. Apaiser le peuple. Apaiser un chien en lui jetant à manger. Apaiser les mânes, la terre, par des sacrifices.
RAC.: « Pour
CORN.: « Je m'apaiserais Rome avec votre supplice »
2 Faire cesser ; rendre moins violent, moins agité, en parlant des choses. Comment on pourrait
CORN.: « Apaisez donc sa crainte »
CORN.: « Apaise, ma Chimène, apaise ta douleur »
CORN.: « Apaisez son courroux »
RAC.: « Daignez d'un roi terrible
S'APAISER, v. réfl.
3 Être en paix, n'être plus en colère ; en parlant des personnes ou des choses personnifiées. Il s'apaisera bientôt. Cette grande colère s'apaisera bientôt. Apaise-toi.
LA BRUY.: « Il ne s'apaise que pour.... »
MOL.: « Je ne m'apaise point »
RAC.: « Les dieux vont s'apaiser... »
RAC.: « Mon coeur court après elle et cherche à s'
4 Devenir moins violent. La douleur physique s'apaise. La douleur morale s'apaise avec le temps. La sédition venant à s'apaiser. Le vent, la tempête s'apaise. L'incendie s'apaisa peu à peu.
SÉV.: « Cela s'apaise en vingt-quatre heures »
REMARQUE
L'Académie écrit
SYNONYME
APAISER, CALMER. Apaiser, c'est rendre la paix ; calmer, c'est rendre le calme. Comme calme est d'une signification plus étendue que paix, calmer est plus compréhensif que
HISTORIQUE
XIIème siècle
Ronc. p. 23: Pour ce voulons qu'elle soit apasée
ib. p. 165: Il et Rolant me firent apaier [faire paix]
Sax. IV: Por la destroite guerre finer et apaier
XIIIème siècle
Berte, LVIII: Quand Constance le voit, tous li cuers l'[lui] en apaie [en devient apaisé, satisfait]
ib. CXX: Ne vous chaut, dit li rois, bien m'en tien apaiés
Chr. de Rains, 191: Il en eust esté mal baillis, se la roine Blance ne fust, qui fist tant qu'il fu apaisiés à son filz
la Rose, 7285: Avoi, dist il, por le cors dé ; Dangier aviés apaisié, S'aviés le bouton baisié
ib. 3504: La mer n'iert ja si apaisie, Qu'el ne soit troble à poi de vent
ib. 1345: Ton cuer ne porras apaier, Ains iras encor essaier Se tu verras par aventure Ce dont tu ies en si grant cure
ib. 9080: Mais certes qui le voir [vrai] en conte, Moult font fames à Dieu grant honte, Comme foles et desvoiées, Quant ne se tiennent apoiées De la biauté que Diex lor donne
BEAUMANOIR: « Se li premiers procureres rent conte au deerrain, tel qu'il se tiengne apaiés, li sires.... ne l'en pot riens demander »
Psautier, n° 258, f° 101: Et ne soies mie apeisiez, sire Dieux, à ceux qui ne se repentent de leur malice
JOINV.: « De ces gens estranges que le roy avoit apaisié [reconcilié], li disoient aucuns de son conseil que il ne fesoit pas bien, quant il ne les laissoit guerroier »
JOINV.: « Dont mainte gent se tindrent mal apayé [mal satisfaits] de ce que le roy deffit les bones coustumes anciennes »
JOINV.: « Alez, dit le roy, si vous apaisiés au conte de Bretaingne, et puis si ferons nostre mariage »
JOINV.: « Sitost comme le soudanc de Damas fu apaisiés à ceulz d'Egypte, il manda sa gent qui estoient à Gadres »
JOINV.: « Je ne sais pas comment le serement fu atiré [fait], mez li amiral se tindrent bien apaié du serement le roy et des autres riches homes qui là estoient »
Liv. des mét. 172: Que cil, en tour que li vallés se soit aloués, se tiegne apaié du vallet et de son service
XVème siècle
FROISS.: « Et ledit messire Hervey devoit pourchasser d'autre part que ceux de dedans seroient apaisés envers messire Charles, quittes et delivres, et ne perdroient rien de leur avoir »
E. DESCH.: « Force et povoir puist [qu'il puisse] avoir à son chois, Tant qu'apaisier puist son païs et terre »
XVIème siècle
MONT.: « Par oraisons et sacrifices
AMYOT: « Et combien que la commune mutinée menast un fort grand bruit, toutefois quand elle le veit, elle s'appaisa, et luy donna paisible audience »
AMYOT: « La tourmente, comme par miracle, s'estoit tout expressement appaisée, et estoit demourée la mer fort calme et tranquille »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. époisai ; provenç. apagar, apaguar, apaiar, apaziar ; espagn. apagar ; ital. appagare ; de ad (voy. à), et pacare, faire paix (voy. PAYER).
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Adoucir, calmer quelqu'un. "Apaiser le prince. Apaiser un furieux. Cet enfant ne cesse de crier, apaisez-le."
Il signifie également, Calmer l'émotion, l'agitation, la violence de certaines choses. "Apaiser les flots. Apaiser les troubles d'un État. Apaiser une sédition. Apaiser une querelle. Quand le bruit fut apaisé. Apaiser les murmures. Apaiser sa douleur. Apaiser la colère de quelqu'un. Sa fièvre est-elle un peu apaisée?"
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. "Après avoir bien crié, il s'apaisa. L'orage s'apaise. Le vent s'apaise. La mer s'apaise. Le feu s'étant apaisé. Sa colère, sa douleur commence à s'apaiser."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Adoucir, calmer une personne. "Apaiser Dieu. Apaiser le Prince. Cet enfant ne cesse de crier, apaisez-le".
Il se dit aussi De l'émotion, de l'agitation, de la violence de certaines choses. "Apaiser les flots. Apaiser les troubles d'un État. Apaiser une sédition. Apaiser une querelle. Quand le bruit fut apaisé. Apaiser les murmures. Apaiser sa douleur. Sa fièvre est-elle un peu apaisée?"
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. "L'orage s'apaise. Le vent s'apaise. La mer s'apaise. Après avoir bien crié, il s'apaisa. Le feu s'étant apaisé. Sa douleur commence à s'apaiser".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Adoucir, calmer la colère d'une personne, calmer l'émotion, l'agitation, la violence de certaines choses. "Apaiser Dieu. Apaiser la colère de Dieu. Apaiser le Prince. Cet enfant se tue de crier, apaisez-le. Il est mal-aisé à
Il est aussi réciproque. "L'orage s'apaise. Le vent s'apaise. La mer s'apaise. Après avoir bien crié, il s'apaisa. Le feu s'étant apaisé. Sa douleur commence à s'apaiser."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
[2e lon. "è" moy. "Apèzé". Il est un peu plus ouvert et un peu plus long dans j'"apaise", il "apaise"; "apèze".] "Trév." écrit "appaiser" avec 2 "p". On doit savoir gré à l'Acad. de n'en avoir mis qu'un. Mais "apparence", "apparenté", "appel", "appeler", etc. etc. etc. ne méritaient pas davantage d'en conserver deux.
- Adoucir, calmer la colère, l'émotion, l'agitation. Il régit les persones et les chôses; '"apaiser" Dieu, "le" Prince, etc. "
- Il est aussi réciproque; l'orage, le vent, la mer, s'"apaise"; la douleur commence à s'"apaiser". Enfin, après avoir bien crié, il s'"apaisa". Voy. une remarque à "appaiser".
* "Rem." Ce verbe n'a que le régime absolu (l'accusatif) P. "Corneille" lui done un régime relatif, le datif.
Je "m'apaiserois Rome" avec votre suplice.
c'est un latinisme, "mihi placarem". Dict. Gram.
Emplacement dans le dictionnaire :
| août aoûté aoûter aoûteron apache apagogie apaisant | apaisé apaisement apaiseur apalachine apanagé apanage | apanager apanagiste aparté ou mieux a-parté apartheid apatelage apathie apathîe |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...pas même dans nos sociétés contemporaines ? Est-ce que le général qui envoie un régiment à une mort certaine pour sauver le reste de l'armée agit autrement que le prêtre qui immole une victime pour apaiser le dieu national ? Est-ce qu'on ne tue pas à la guerre ? Est-ce que le mari qui met à mort la femme adultère ne jouit pas, dans certains cas, d'une impunité relative, quand elle n'est pas absolue ?...
Citation n°2 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)
...et quand je la suivis dans le petit salon dont les vastes glaces nous laissèrent suivre le coucher du soleil, une émotion presque pieuse gonflait mon coeur. Le thé que nous buvions ne devait pas apaiser mon énervement, mais elle me parlait avec une gaîté légère et un imprévu plein de tact qui n'appartiennent qu'aux personnes maladivement sensibles et qui ne laissèrent pas mon excitation se...
Citation n°3 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)
...convaincre qu'il faisait froid ! Ces remèdes n'agissaient malheureusement plus, depuis que ses maux devenaient réels. Il n'avait point, avec cela, la ressource d'employer le laudanum ; au lieu de l'apaiser, ce calmant l'irritait jusqu'à le priver de repos. Jadis, il avait voulu se procurer avec l'opium et le haschisch des visions, mais ces deux substances avaient amené des vomissements et des...
Citation n°4 de Georges SOREL (Réflexions sur la violence)
...bourgeoisie qui cherche à atténuer sa force. Faut-il croire que la conception marxiste est morte ? Nullement, car la violence prolétarienne entre en scène en même temps que la paix sociale prétend apaiser les conflits ; la violence prolétarienne enferme les patrons dans leur rôle de producteurs et tend à restaurer la structure des classes au fur et à mesure que celles-ci semblaient se mêler dans un...
Citation n°5 de Charles NODIER (Trésor des Fèves et Fleur des Pois)
...si sèche, si rocailleuse et si sauvage, qu'il n'y avoit pas un buisson sous lequel gîter, ni une mousse du désert pour reposer sa tête endormie, ni une feuille nourricière ou rafraîchissante pour apaiser la faim et la soif. Trésor des fèves ne s'inquiéta point. Il fendit proprement de l'ongle son porte-manteau, et il en détacha un des petits écrins dont fleur des pois lui avoit fait la description....
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